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  Le tram-fret arrive dans Paris : le tramway des maréchaux transformé en ligne de fret !

mardi 18 octobre 2011, par Planète écho

Au menu du Conseil de Paris de ce mois d’octobre, une convention portant sur l’expérimentation d’une marche à blanc d’un Tram-Fret sur la ligne de tramway T3.
le tram-fret arrive dans Paris - ligne de tramway T3, photomontage : Jean-François Ségard

Vous trouverez ci-dessous le texte de la délibération numéro 2011-DVD-190, présentée lors du Conseil de Paris du 17 octobre 2011 portant sur l’approbation et signature d’une convention d’expérimentation d’une marche à blanc TramFret sur la ligne de tramway T3. Source : Mairie de Paris.

La Ville de Paris souhaite mener une politique innovante en matière de logistique urbaine par l’intermédiaire de nombreuses expérimentations de transport de marchandises alternatives aux poids lourds. Le Plan de Déplacements Urbains d’Ile de France (PDUIF) vise à atteindre un équilibre durable entre le besoin de mobilité des personnes et des biens, d’une part, et la protection de l’environnement, de la santé et de la qualité de vie d’autre part. Il prévoit la rationalisation des flux de marchandises, en favorisant en particulier l’usage de voies alternatives au transport routier. Diverses expérimentations en la matière ont fait leurs preuves à l’étranger ou à Paris (mise en place en 2007 d’une navette ferroviaire de marchandises entre Combs-la-Ville et Bercy pour alimenter des entrepôts Monoprix) et ont permis d’affiner les connaissances dans ce domaine.

A terme, l’ensemble des lignes de tramway franciliennes constituera un réseau desservant de nombreuses zones d’activités et de consommation. Pour répondre à la nécessité de distribuer des marchandises en zone dense (derniers kilomètres) tout en réduisant les nuisances liées au transport routier, il est nécessaire d’étudier dès maintenant l’intégration d’une dimension logistique dans ce réseau afin d’anticiper au mieux lors des nombreux projets d’extension prévus à horizon 2020.

A condition de s’opérer sans dégradation du service aux voyageurs, ce mode de transport présente en effet un schéma économique favorable à l’usage logistique, par sa facilité d’insertion urbaine et sa capacité d’emport adaptée aux besoins des chargeurs. Le transport de marchandise par tramway permettrait d’éviter les contraintes liées à la route, constituerait un moyen de transport écologique et pourrait réduire la congestion par transfert de la route au rail.

Dans cette optique, l’APUR et la RATP, en lien avec les services de la Direction de Voirie et des Déplacements, pilotent le projet « TramFret » qui vise à l’expérimentation du transport de marchandises sur le "futur" réseau de Tramway de la Région Ile de France. Un comité de pilotage réunissant les différents acteurs institutionnels concernés a été mis en place en 2010. Une étude sera lancée en octobre 2011 afin d’évaluer l’intérêt économique, la faisabilité technique et réglementaire, les bilans financier et socioéconomique d’un TramFret sur les lignes T2 et T3, dans l’optique de réalisation d’un projet expérimental. Certains « chargeurs » (entreprises ayant recours au transport de marchandises) ont manifesté leur intérêt.

Il convient dans un premier temps d’engager une phase de test à travers une « marche à blanc » d’un tramway « fictif » de marchandises. Il s’agit de faire circuler un tramway de voyageurs vide en heures creuses afin d’évaluer la capacité des réseaux routier et ferré à absorber ce trafic supplémentaire sans impacter le service voyageur. Cette démarche permettra par ailleurs de communiquer, en rendant visible le TramFret auprès des usagers, sur la volonté conjointe des acteurs institutionnels de mettre en place un nouveau mode de livraison plus respectueux de l’environnement.

La marche à blanc aura lieu sur les 8km de la ligne de tramway T3 (Pont du Garigliano – Porte d’Ivry), à raison de deux allers-retours par jour du lundi au samedi, entre le 14 novembre et le 10 décembre 2011 inclus. Le montant estimé de cette opération s’élève à 20 000 euros HT, comprenant les coûts de personnel, de maintenance, d’énergie et d’amortissements liés au matériel roulant. Son financement est intégralement assuré par la RATP. Un comité de suivi sera mis en place et réunira des représentants du STIF, de la RATP, de l’APUR et de la ville de Paris. Celle-ci évaluera l’impact sur la gestion des carrefours à feux et la circulation automobile sur le parcours du tramway T3. Ce travail permettra un retour d’expérience utile pour les phases ultérieures du projet. Une convention sera signée entre la ville de Paris, le STIF en tant qu’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France, la RATP en tant qu’exploitant du T3, et l’APUR en tant que pilote de l’étude, définissant les conditions techniques et financières, ainsi que les modalités de réalisation de cette « marche à blanc ».

Je soumets ce projet à l’approbation de votre assemblée et vous propose :
- d’approuver le principe d’une marche du blanc du TramFret sur le tramway T3
- d’autoriser le maire de Paris à signer la convention d’expérimentation avec le STIF, la RATP et l’APUR

Je vous prie, Mesdames, Messieurs, de bien vouloir en délibérer. Le Maire de Paris.

Cette délibération a été votée à l’unanimité le 18 octobre 2011. Les différents intervenants ; Laurence Douvin (UMPPA), Claude Dargent (PSRGA) et Edith Cuignache-Gallois (CI) ont apportés leurs soutiens à Annick Lepetit, maire-adjointe, rapporteure de ce "projet innovant".

Un peu d’histoire...

Lors des débats portant sur la réintroduction du tramway (dès 1992 !), Jean-François Ségard, en qualité de Conseiller de Paris, ou en tant que président de l’association Planète écho, a toujours milité pour l’utilisation des infrastructures tramway dans l’optique du transport du fret. Une des propositions (présentée lors des Conseils d’administration de l’APUR, dont Jean-François Ségard était membre, entre 1992 et 1995) consistait à réaliser une bretelle, depuis la ligne de tramway T3, afin de desservir le Parc des expositions de la Porte de Versailles. En réponse les élus de droite (qui à cette époque présidaient les destinées de la capitale, Jacques Chirac en tête) mettaient en avant les "ruptures de charge" pénalisantes face au porte à porte réalisée grâce aux camions. Terme qui fort heureusement n’est plus évoqué aujourd’hui ! Peut-être verrons nous un jour les animaux du salon de l’agriculture prendre le tramway pour venir s’installer Porte de Versailles ?