Planète écho

Association d'éducation à l'environnement
et au développement durable
depuis 1994

Et avant l'invention de la poubelle, que faisait-on des déchets ?

La littérature descriptive du XIXe siècle apporte de nombreux témoignages sur le Paris d'avant les poubelles... Nous vous en présentons quelques extraits. Ces oeuvres vous interessent ? Cliquez sur ce lien pour les acquérir tout en soutenant l'association.

Emile Zola, Le ventre de Paris. 1873.

Les Halles, pavillons Baltard
Pour les renvois de pages nous avons utilisé l'édition disponible sur le site gallica.fr

Le ventre de Paris fait partie de la série "Les Rougon-Macquart" il en constitue le troisième volet. L'histoire se déroule à Paris, plus précisément dans le quartier des Halles, en 1858. Un des personnages clef nous fait découvrir les pavillons Baltard, cette "forêt de fonte" et le mode de fonctionnement de ce gigantesque marché qui nourrit la capitale. On y découvre comment les vieilles feuilles de choux servent à nourrir les nouveaux légumes. Les maraîchers, qui la nuit font le voyage vers Paris avec leurs légumes, repartent chez eux, en fin de matinée, avec les déchets de la ville. Ces déchets serviront à nourrir les futurs légumes. Paris alimente les Parisiens, et vice-versa !
Pages 1 et 2. (...) Au milieu du grand silence, et dans le désert de l'avenue, les voitures de maraîchers montaient vers Paris, avec les cahots rythmés de leurs roues, dont les échos battaient les façades des maisons, endormies aux deux bords, derrière les lignes confuses des ormes. Un tombereau de choux et un tombereau de pois, au pont de Neuilly, s'étaient joints aux huit voitures de navets et de carottes qui descendaient de Nanterre; et les chevaux allaient tout seuls, la tête basse, de leur allure continue et paresseuse, que la montée ralentissait encore. (...) Et, sur la route, sur les routes voisines, en avant et en arrière, des ronflements lointains de charrois annonçaient des convois pareils, tout un arrivage traversant les ténèbres et le gros sommeil de deux heures du matin, berçant la ville noire du bruit de cette nourriture qui passait. (...)

Page 271 : (...) En arrivant à Nanterre, la voiture prit à gauche, entra dans une ruelle étroite, longea des murailles et vint s'arrêter tout au fond d'une impasse. C'était au bout du monde, comme disait la maraîchère. Il fallut décharger les feuilles de choux. Claude et Florent ne voulurent pas que le garçon jardinier, occupé à planter des salades, se dérangeât. Ils s'armèrent chacun d'une fourche pour jeter le tas dans le trou au fumier. Cela les amusa. Claude avait une amitié pour le fumier. Les épluchures des légumes, les boues des Halles, les ordures tombées de cette table gigantesque, restaient vivantes, revenaient où les légumes avaient poussé, pour tenir chaud à d'autres générations de choux, de navets, de carottes. Elles repoussaient en fruits superbes, elles retournaient s'étaler sur le carreau. Paris pourrissait tout, rendait tout à la terre qui, sans jamais se lasser, réparait, la mort. - Tenez, dit Claude en donnant son dernier coup de fourche, voilà un trognon de choux que je reconnais. C'est au moins la dixième lois qu'il pousse dans ce coin, là-bas près de l'abricotier. Ce mot fit rire Florent. (...)

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Théophile Gautier, la Capitaine Fracas. 1863.

TEXTE
Début de la collecte des ordures ménagères en 1884.
© Eco-Emballages

Pour découvrir le texte intégral sur le site de gallica.fr, cliquez sur ce lien.
Dans le premier chapitre, l'auteur, qui décrit avec beaucoup de précisions le château dans lequel commence l'histoire, fait une référence à la voirie de Montfaucon (pour en savoir plus sur la voirie de Montfaucon).

Page 5 : "Dans l'écurie, où vingt chevaux eussent pu tenir à l'aise, un maigre bidet, dont la croupe saillait en protubérances osseuses, tirait d'un râtelier vide quelques brins de paille du bout de ses dents jaunes et déchaussées, et de temps en temps tournait vers la porte un oeil enchâssé dans une orbite au fond de laquelle les rats de Montfaucon n'eussent pas trouvé le plus léger atome de graisse."

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Dans d'autres domaines d'écritures, de nombreux témoignages sur le sujet sont également accessibles.
Sélection non exhaustive...

Emile Mondon, Assainissement général des villes et des petites collectivités. 4 tomes. 1933-1934. Dunod.

Début du rammasage des ordures
Début du rammasage des ordures.
Modèle de tombereau utilisé pour le ramassage des ordures ménagères des Parisiens, dès 1884.
Les déchets solides, encombrant progressivement les cités par leur masse toujours croissante, furent à leur tour l'objet d'études sérieuses de la part des diverses municipalités. Avant 1870, à Paris et dans la majeure partie des villes, tous les résidus domestiques secs pouvaient être jetés à la rue entre 7 heures du soir et 7 heures du matin, d'où l'aspect répugnant des chaussées.

Après s'être contentés de les recueillir par des moyens plus ou moins primitifs à l'aide de tombereaux à chevaux passant une ou deux fois par semaine, il fallut organiser des services de collecte réguliers de plus en plus rapides.

Dès 1883, les détritus doivent être déposés dans des boîtes étanches (poubelles), descendues au passage des tombereaux chaque matin ; il y a là une amélioration très grande.

Mises tout d'abord en dépôt aux alentours des villes ou dans les voiries, les ordures ménagères furent ensuite offertes aux agriculteurs pour la fumure des champs ; beaucoup de gens ont exagéré la valeur fertilisante de ces produits. L'apparition d'engrais nouveaux et la difficulté de transport les fit petit à petit abandonner par les cultivateurs. Force fut alors de les détruire ou de s'en débarrasser.

L'incinération, le broyage, l'envoi à la mer furent les principaux procédés utilisés.


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Les voiries

En 1808, une voirie parisienne rue de Menil Montant. Aujourd'hui la rue porte de le nom de rue Oberkampf, elle est située dans le 11e arrondissement de Paris.
La rue Oberkampf portait à l'époque le nom de "rue de Menil Montant".

Détail actuel du secteur.
Extrait du plan cadastral de la Mairie de Paris.
Terme ancien utilisé pour désigner les dépôts qui accueillent les boues et immondices collectées puis transportées depuis les rues de la capitale par les tombereaux.

"Ces amas sont de la plus grande utilité et fournissent le meilleur et le plus abondant de tous les engrais pour les terres des environs de Paris" (La police de Paris en 1770. Mémoire inédit composé par ordre de G. Sartine par A. Gazier. Paris 1879. Source Gallica.fr).

Le paysage urbain parisien garde quelques traces de ces voiries.


En 1808, Paris "s'arrête" au niveau de la place de la République actuelle, puis des boulevards du Temple, des Filles du Calvaire, Beaumarchais. Au-delà, c'est la "campagne"... C'est donc là, à quelques centaines de mètres des dernières maisons, qu'une des 5 voiries parisiennes est installée.

Aujourd'hui, le quartier est très différent : le boulevard Richard Lenoir, l'avenue de la République structurent le paysage du XIe arrondissement de Paris. La seule trace visible de cette ancienne voirie est la présence du "Passage de la petite voirie", réservé aux piétons !

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