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Pour inciter les Parisiens à jeter intelligemment, puis à trier leurs déchets, la communication joue un rôle important. Nous avons retrouvé, dans nos archives, un certain nombre de documents intéressants. Pour les découvrir, cliquez ICI. Pour retourner sur la page "Paris trie ses déchets". Pour retourner au sommaire du site, cliquez ICI. Vous souhaitez soutenir l'association, cliquez ICI. |
Histoire des déchets parisiens : de Lutèce à la révolution industrielle En 2009, l'arrêté du Préfet Poubelle fête ses 125 ans ! Mais le saviez-vous ? Il n'y a pas un, mais deux arrêtés "Poubelle" (24 novembre 1883 et 7 mars 1884). Venez faire connaissance avec la personne qui a inventé la poubelle et découvrir ses textes. Vous trouverez également des informations sur l'évolution du "local poubelles" et des vide-ordures. |
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![]() © Eco-Emballages
![]() Début de la
collecte des ordures ménagères en 1884. Le tombereau, l'ancêtre du camion poubelle - Le tombereau, l'ancêtre du camion poubelle
Modèle de tombereau utilisé pour le ramassage des ordures ménagères des Parisiens, dès 1884. ![]()
Photos © Jean-François Ségard ![]() ![]() C'est un tout petit bout de rue, dans le 16e qui honore le Préfet Poubelle... Ne mérite-t-il pas plus ? Nouveau |
Extraits de "L'écologuide de Paris, 2002" publié chez Robert Jauze (4e trimestre 2001). Planète écho a rédigé le chapitre sur les déchets et a participé aux autres chapitres. Le texte de 2001 est régulièrement augmenté et complété. Pendant longtemps, les Parisiens ont jeté leurs déchets sur la voie publique ou dans les fossés. C'est grâce à ces déchets, qui se sont fossilisés, que l'on peut reconstituer les modes de consommation des Parisiens depuis deux mille ans. Merci les déchets, témoins du passé ! Prenons quelques instants pour tourner les pages de l'histoire de Paris, la fameuse «Ville Lumière». Ce retour en arrière nous montre que la Capitale n'a pas toujours été aussi belle qu'on veut bien nous le faire croire.
Le 24 novembre 1883, Eugène Poubelle, préfet de la Seine, signe le fameux arrêté qui oblige les propriétaires parisiens à fournir à chacun de leurs locataires un récipient muni d'un couvercle. Ainsi naissent les poubelles (voir plus bas l'histoire de l'arrêté Poubelle). Parallèlement commence le ramassage de la boîte à ordures qui prendra rapidement le nom de poubelle ! Le préfet Poubelle avait tout prévu : dimension et contenance des boîtes. Il avait même imaginé la collecte sélective. Trois boîtes étaient obligatoires : une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons, et une dernière pour le verre, la faïence ou les coquilles d'huîtres ! Ce nouveau règlement ne fut que partiellement respecté. Concernant le tri, plus d'un siècle après, on le redécouvre... Il aura fallu attendre près d'un siècle entre l'invention de la poubelle et la mise en place d'une véritable collecte et de lieux de stockage des déchets. En 1975, la loi confie aux collectivités locales la responsabilité d'organiser la collecte des déchets ainsi que leur traitement ou leur stockage dans un lieu agréé. Devant le développement des décharges
et les problèmes de pollution (des sols surtout), la loi
est modifiée en juillet 1992 : les collectivités
locales doivent s'organiser pour supprimer les dépôts
sauvages et valoriser les déchets par le recyclage, le
compostage ou l'incinération propre (ce qui reste à
démontrer !). Hier, les chiffonniers «faisaient» nos poubelles ; aujourd'hui, c'est une véritable industrie, créatrice d'emplois, qui s'en occupe.
Le Préfet Poubelle n'est pas que le "père" des poubelles ! Bientôt d'autres informations !... |
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Vous trouverez ci-dessous des liens vers le site d'Amazon.fr qui propose les livres cités dans notre bibliographie. Nous faisons ce choix afin de financer partiellement l'association. En effet, si vous achetez l'un de ces livres, ou un autre produit (film, musique, etc...) après être arrivé sur le site d'Amazon par ces liens, une commission de 5% de vos achats est reversée à Planète écho. C'est un bon moyen de nous financer ! Merci pour votre participation ! Astuce ! les livres sont vendus avec 5% de réduction, alors vous financez Planète écho tout en faisant des économies !... |
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Le même secteur au milieu du XIXe siècle
Le Grand égout se trouve sous la rue des Petites Ecuries (10e arrondissement), la voirie a laissé sa place à la Cour des Petites Ecuries. Source : Maire de Paris, plan parcellaire de la rive droite de Paris (1830-1850) |
Et avant l'invention du préfet Eugène Poubelle, que faisait-on des déchets ? Voir également notre page "et avant la poubelle"
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Les arrêtés de Monsieur Eugène Poubelle, Préfet de la Seine. | ||||
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ghghh 22 février 1884 : les élus suppriment la collecte sélective des coquilles d'huîtres... mais autorisent le chiffonnage propre ! ghghh
L'Hôtel de Ville de Paris ghghh Aujourd'hui encore, la propreté dans Paris reste toujours un enjeu politique... A consulter sur notre site la page des questions / réponses du Conseil de Paris. A consulter également, notre page dédiée à l'aspect réglementaire de la propreté.
hhhh |
7 Mars 1884, Eugène Poubelle, Préfet de la Seine signe pour la deuxième fois en quelques semaines, et après intervention des élus parisiens, un arrêté ayant pour titre "Enlèvement des ordures ménagères, Règlement". Ces arrêtés (le premier date du 24 novembre 1883) posent les bases de la collecte des ordures ménagères et définissent les caractéristiques du récipient qui sera mis à la disposition des locataires des immeubles et qui deviendra la fameuse "poubelle" ! Avant de fêter les 120 ans de l'arrêté du 7 mars 1884, arrêtons nous quelques instants sur la séance du Conseil municipal parisien du 22 février 1884. En effet, c'est au cours de cette séance que va être votée la délibération qui sera reprise, presque en totalité, par le Préfet Poubelle. Cette délibération fait suite à plusieurs semaines de "bataille" entre les élus et le Préfet de la Seine, véritable organe exécutif. Nous vous présentons, ci-dessous, l'intégralité du texte publié dans le BMO du 4 mars 1884 présentant la délibération votée le 22 février par les élus. Le Conseil, Art. 2, § 2. Art. 3, § 1er Art. 4. Sous
réserve des exceptions prévues ci-après
aux art. 5 et 6, il est interdit aux habitants de verser leurs
résidus de ménage ailleurs que dans les récipients
communs à l'immeuble. Ils ne devront effectuer ce versement
que le matin, avant le passage du tombereau d'enlèvement.
Si le récipient commun vient à faire défaut,
ils devront, soit laisser leurs récipients particuliers
à la place ou auprès du récipient commun,
soit attendre le passage du tombereau pour y verser directement
le contenu de ces récipients particuliers. Art. 6.
Il est également interdit de verser dans les récipients
communs les objets suivants dont l'Administration assure l'enlèvement,
mais qui doivent être déposés dans des récipients
spéciaux à côté des récipients
communs, savoir : Art. 7.
Il est interdit aux chiffonniers de vider les récipients
sur la voie publique ou de faire tomber à l'extérieur
une partie quelconque de leur contenu, pour y chercher ce qui
peut convenir à leur industrie. Nombre de votants : 52 Majorité absolue : 27 Pour : 34 Contre : 18 Vous trouverez des compléments de ce texte dans le numéro spécial de l'Hermine intitulé : La poubelle a 120 ans ! Voir ci-contre. Pour en savoir plus sur l'Hermine, cliquez ICI.
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| Janvier 1884, pour la première fois, le mot poubelle est utilisé pour désigner la boîte ménagère imposée par le Préfet. | |||||
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C'est dans un article publié dans Le Figaro du 16 janvier 1884 que l'on trouve, pour la première fois, mention de la boîte poubelle. Dans cet article la mot poubelle est écrit avec un "P" majuscule. Il arrive, en fait, dans une série de citations faisant références à d'autres réalisations préfectorales. Fabriquer une poubelle, peut devenir un jeu... Testez-vous ! 2 février 2009 : A l'occasion de la sortie du numéro de l'Hermine, un journaliste de France Bleu Ile-de-France (Denis Lemarié, chronique "Ils ont fait l'Ile-de-France") s'est intéressé au Préfet Poubelle, et à Planète écho... Pour écouter la chronique, suivez le lien. |
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| La poubelle laisse la place aux bacs | |||||
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Si, avec la mise en place de la collecte sélective, les gestes quotidiens ont changé, le vocabulaire attaché aux déchets a, lui aussi, évolué. On ne parle plus de poubelles mais de bacs ou de conteneurs (avec des couvercles de couleurs différentes). On ne parle plus de local poubelles mais de local propreté. Les bacs deviennent "intelligents". Munis d'une puce, ils sont pesés à chaque collecte. Ce moyen permet l'établissement de statistiques fiables sur les quantités de déchets générées par chaque immeuble. Pourtant, la taxe d'enlèvement des ordures, payable par les propriétaires (et récupérable auprès des locataires), ne tient pas compte de la quantité de déchets produite. De même, les déchets deviennent des "matières premières secondaires" avec lesquelles il est possible de (re)fabriquer de nouveaux objets tout en réalisant des économies d'énergie conséquentes et en protégeant l'environnement.
Autres changements : les "unités d'incinération des ordures ménagères", ce que l'on nomme habituellement usine d'incinération, cherchent, elles aussi, à se valoriser en devenant des "Centres de valorisation énergétique des déchets". Vocable sans doute plus facile à implanter près des populations ! De même, les fameuses décharges devenues des "Centres d'enfouissement techniques", et qui continuent à exister malgré l'interdiction fixée par la loi de 1992, souhaitent devenir des "bioréacteurs" en rapport avec leur nouvelle fonction de récupération des gaz issus de la fermentation des déchets. |
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| Le vide-ordures | |||||
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A consulter sur notre site : Article 78 du règlement sanitaire du département de Paris consacré à l'évacuation des ordures ménagères par vide-ordures. |
Si, pendant longtemps le vide-ordures a été présenté comme un élément du confort moderne, il devient aujourd'hui un ennemi de l'hygiène et un frein au développement de la collecte sélective, même si certaines sociétés présentent des vide-ordures sélectifs (!!). Ennemi de l'hygiène : le vide-ordures devient très vite un nid à microbes et à parasites. Son entretien nécessite des désinfections coûteuses et régulières. De plus, il présente un danger pour les gardiens d'immeubles : trop souvent les locataires y jettent leurs déchets en verre qui cassent avant d'arriver en bas. Il ne faut pas oublier les nuisances sonores, liées au bruit des déchets tombant dans les conduites métalliques, mais aussi les nuisances olfactives dues aux déchets jetés en vrac dans le vide-ordures. Frein au développement du tri : le geste machinal de tout jeter dans le vide-ordures empêche toute réflexion sur le devenir potentiel du déchet. Tout passe à la trappe. Du coup, pas de tri à la source, et voici des tonnes d'emballages perdus. Pourtant il est si facile de trier ses emballages dès le retour du marché. Séparer les cartons, les papiers, les plastiques ne nécessite pas plus de temps que d'ouvrir la trappe du vide-ordures. La fin des vide-ordures ? La loi du 2 juillet 2003 (Loi N°2003-590) facilite la suppression des vide-ordures dans les immeubles. La loi "Urbanisme et habitat" introduit de nouvelles règles afin de favoriser la suppression des vide-ordures. Il semble désormais plus facile de les faire supprimer (il s'agit maintenant d'un simple vote à la majorité des copropriétaires). La nouvelle loi précise cependant que la suppression des vide-ordures ne peut se faire que pour des "impératifs d'hygiène". Restons tout de même vigilants, car au moment où la loi était votée, des "doux rêveurs" nous parlaient du retour des vide-ordures. Dans le N°134 (juillet 2003) de Direct Résidentiel un article sur la cuisine du futur dans l'habitat collectif nous faisait l'éloge du vide-ordures. Mettant en avant les inconvénients de la collecte sélective (plusieurs poubelles à descendre, problème de place dans les appartements pour stocker les différents types de déchets) il ne restait plus qu'à présenter la solution idéale : un vide-ordures qui ne sent pas (surfaces traitées par des techniques antimicrobiennes et intérieur maintenu en légère dépression par rapport à la cuisine) et bien entendu insonore (!) Il est bien loin le temps où le français Jean Baptiste André Godin inventait, à la fin du XIX° siècle, la "trappe à balayures", ancêtre du vide-ordures que l'on retrouvera dans les immeubles de l'après première guerre mondiale. Mais le pire reste encore le broyeur électrique (inventé aux Etats-Unis en 1938) qui permettait l'évacuation des déchets de cuisine directement depuis l'évier. Les déchets solides étaient broyés et évacués avec les eaux usées... Il ne restait plus qu'à les traiter en station d'épuration plutôt que de les faire brûler dans les usines d'incinération des ordures ménagères. |
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| Compléments bibliographiques et historiques | |||||
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Extraits de : Histoire de l'Hôtel de Ville de Paris, par Monsieur Le Roux de Lincy. Librairie de la société de l'école de Chartes, Paris 1846 (...) je m'attacherai seulement à donner, sur quelques-unes [l'auteur présente les prérogatives que se réservent les magistrats de la Ville], des détails nouveaux qui prouveront que, du XIII° au XVI° siècle, les prévôt des marchands et échevins s'appliquèrent constamment à conserver, agrandir et assainir la capitale dans toutes ses parties. C'est dans le cours de l'année 1184 que Philippe Auguste fit paver les principales rues de la ville. Rigord* s'exprime ainsi à ce sujet : "Le roi se trouvant à Paris pour les affaires de l'État, habitait le palais dans la Cité. S'étant mis à une fenêtre d'où il voyait les eaux du fleuve, par laquelle il aimait à regarder, pour se distraire, les chariots qui traversaient la Cité soulevèrent une odeur si fétide de la boue amassée dans les rues, que le roi ne put la supporter ; il jugea qu'il était nécessaire d'exécuter un projet auquel avaient pensé quelques-uns de ses prédécesseurs, mais qu'ils n'avaient pas exécuté à cause de la trop grande dépense. Ayant donc convoqué les principaux bourgeois de la ville et le prévôt, il donna l'ordre de garnir de fortes pierres les rues principales". Voici la version originale : Philippus rex Parisiis aliquantulum moram faciens, dum sollicitus pro negotiis regni agendis in aulam regiam deambularet, veniens ad palatii fenestras unde fluvium Sequanae pro recreatione animi quandoque inspicere consueverat, rhedae equis trahentibus per civitalem transeuntes foetores intolerabiles lutum revolvendo procreaverunt. Quod rex in aula deambulans ferre non sustinens, arduum opus sed valde necessarium excogitavit, quod omnes praedecessores sui, ex nimia gravitate et operis impensa, aggredi non praesumpserant. Convocatis autem burgensibus cum praeposito ipsius civitatis, regia auctoritate praecepit quod omnes vici et viae totius civitatis Parisii duris et fortibus lapidibus sternerentur. * De Gestis Philippi Augusti ; Recueil des histor. de France. Rigord. Une version "moderne" et traduite du texte existe : Vie de Philippe II Auguste, Paleo, Le temps du Gothique, 2003. En 1348 et en 1856, le roi Jean confirma l'ordonnance du prévôt : Nul ne doit nourrir pourceaux chez soi, à découvert ou en lieu caché, ni laisser pareilles bêtes errer par les rues, à peine de 60 sous d'amende et d'occision des porcs. Sont seuls exceptés, les religieux de Saint-Antoine, à cause du cochon attribut de leur patron.
Revue scientifique : Il s'agit d'un article publié le 17 septembre 1907 dans la Revue scientifique (Numéro 11, 5e série, Tome VIII). L'article est intitulé "Le nouveau régime des ordures ménagères à Paris". On y apprend, entre autres, que "chaque matin, 570 tombereaux de 3 à 5 mètres cubes procèdent en une heure et demie à la collecte des ordures ménagères à Paris". Un peu plus loin, on découvre que "le four adopté est le destructeur Meldrum (de Manchester), dans lequel le séchage et la combustion se font dans un courant d'ai préalablement chauffé à 150°, suivant les dispositions des foyers Meldrum à tirage forcé très répandus en Angleterre". On ne connaissait pas encore les vertus des dioxines...! (NDLR). Louis
Sébastien Mercier : auteur
du XVIIIe siècle, connu principalement pour son "Tableau
de Paris," dans lequel il dépeint un Paris pas toujours
très alléchant. |
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Dernière mise à jour : 13 septembre 2012 |
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